Que pourrons-nous leur dire ?

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J’ai honte. J’ai honte de n’avoir pu rien faire. J’ai honte de n’avoir pu rien faire pour des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. J’ai honte de mon impuissance face à leurs malheurs. J’ai honte de mon impuissance face à leurs corps s’entassant sous les décombres des ruines de la ville. J’ai honte de mon impuissance face à leurs corps qui se noient sous les mers. J’ai honte de mon impuissance face à leurs larmes. J’ai honte de mon impuissance face aux yeux pleins de tristesse d’un enfant d’à peine 5 ans qui a perdu toute sa famille dans un bombardement. J’ai honte de mon impuissance face aux cris de cette mère qui vient de voir son enfant mourir. J’ai honte de n’avoir pu rien faire pour arranger les choses à part pleurer et prier pour eux. J’ai honte de ne pas pouvoir leur donner ma vie, de ne pas pouvoir leur donner un toit, une vie meilleure. J’ai honte d’être née dans un pays où ils sont maltraités, humiliés, détestés. J’ai honte de ne pouvoir seulement crier mon impuissance, de crier aux injustices, de crier mon désarroi face à la guerre, j’ai honte de ne pouvoir que dire « Je suis Alep ».